Olivier Weber - Le point
Le
royaume des seigneurs de la guerre est sur un baril de poudre. A la
merci de la moindre étincelle. A Kaboul, celle-ci n'a pas tardé à
jaillir. Le prétexte : un camion américain qui percute plusieurs
voitures, causant la mort de cinq Afghans. Pour se dégager, les
militaires tirent : huit autres civils sont tués. La capitale afghane
s'enflamme. Foule en colère, pillage d'ONG, forces américaines et
président Karzaï vilipendés. En proie à une forte croissance, Kaboul a
attiré nombre d'Afghans, et suscité nombre d'attentes, tant sur le plan
politique qu'économique. La population supporte de plus en plus mal la
présence américaine. « L'enjeu, c'est d'apporter le développement dans
les campagnes et les quartiers pauvres. On en est loin », résume Alain
Boinet, directeur de l'ONG Solidarités. Entre le Sud en voie
d'irakisation, et le Nord, où montent les frustrations, Karzaï est pris
dans un étau